cahier de notes avec les 5 étapes écrites à la main

Mon plan en 5 étapes pour devenir travailleur autonome

Pourquoi devenir travailleur autonome?

Pour moi, devenir travailleur autonome, c’était une question de liberté.

Liberté d’horaire, liberté de choisir mes projets et liberté de travailler pour moi-même (être mon propre boss).

Avant de faire le saut, je travaillais pour une petite entreprise qui m’offrait déjà beaucoup de flexibilité.

Cela n’empêchait pas que j’avais envie de pousser plus loin, avoir encore plus de latitude pour travailler sur des projets personnels et construire mes semaines selon mes besoins.

Et faire le saut ce n’était pas une chose facile. Au départ tout ça a l’air d’une grosse montagne et on ne sait pas comment voir ça de manière logique.

Devenir travailleur autonome n’est pas nécessairement facile, il y a des défis, mais les étapes pour y arriver sont heureusement simples à suivre.

Alors, si ça peut t’aider à rationaliser le tout, voici le chemin direct en 5 étapes que j’ai utilisé pour me lancer à mon compte comme consultant Web.

cahier de notes avec les 5 étapes écrites à la main

Étape 1 - Soit bon dans quelque chose

La première étape, c’est d’être bon quelque chose.

Pour être travailleur autonome, on n’a pas vraiment le choix, il faut avoir au moins un talent. 

Photographe, vidéaste, développeur Web, stratège marketing, réseaux sociaux, intelligence d’affaires, gestion de projet, coach, designer, avocat, artiste, etc.

Peu importe le domaine, le but est de rendre service à quelqu’un et de se faire rémunérer en échange de notre expertise dans ce domaine précis.

Si tu possèdes une formation (cégep, université) dans ton domaine en plus de quelques années d’expérience sur le marché du travail, tu peux probablement déjà cocher la première étape.

Qu’arrive-t-il si tu n’es pas encore bon dans ce que tu veux faire?

Ce n’est pas un problème non plus. Tu dois développer des compétences de base et des bons réflexes dans le domaine que tu veux explorer.

Que ce soit des dizaines ou des centaines d’heures, tu peux t’inscrire à un DEP, un certificat universitaire ou une formation privée. Youtube peut aussi devenir ton meilleur ami gratuit pour apprendre sur un paquet de choses.

  • Tu veux devenir photographe? Trouve une vieille caméra et prend des photos.
  • Tu veux devenir développeur Web? Crée ton site Web personnel.
  • Tu veux devenir créateur de contenu? Publie tes premiers montages vidéo.
  • Tu veux devenir illustrateur? Partage tes premiers dessins.

L’important c’est de se lancer et commencer quelque part.

Étape 2 - Essaie ton premier contrat

Travailler pour un employeur, ça implique souvent un horaire de 40 heures par semaine et c’est rigide. Alors, pour tester quelque chose de nouveau, il faut carrément changer d’emploi.

La beauté du travail autonome, c’est que ça se fait très bien à temps partiel et c’est toi qui décide combien d’heures tu y mets par semaine.

Encore plus beau que ça, avant de lâcher ta job et faire le grand saut, tu peux trouver ton premier client et simplement tester la vie du travailleur autonome.

Si tu aimes le lifestyle, tant mieux. Si ce n’est pas fait pour toi, tu l’auras essayé.

Tu peux voir ça comme une expérience, un test que tu fais avec ton premier client : 

  • Est-ce que j’aime ce que je fais?
  • Est-ce que j’aime l’horaire et la flexibilité?
  • Est-ce que c’était facile de démarcher le client?
  • Est-ce que la rémunération est intéressante?
  • Est-ce que la relation et la facturation se passent bien?

Est-ce que je dois enregistrer mon entreprise?

À cette étape, enregistrer légalement ton entreprise n’est même pas obligatoire. Au Québec, les travailleurs autonomes qui facturent moins de 30 000$ dans une année fiscale sont considérés comme des “petits fournisseurs”. Ils n’ont pas l’obligation de s’inscrire aux comptes de taxes et de facturer la TPS et la TVQ. On va voir ça plus en détails à l’étape 4.

Sources : Éducaloi et Gouvernement du Canada

Conseil financier d'un ami

Je ne ferai pas de cachette, être travailleur autonome demande une certaine capacité à gérer ses finances. Les chèques de paie ne seront plus les mêmes à chaque 2 semaines. Parfois ils seront très gros, parfois ils seront inexistants.

Avant de te lancer, cela peut être une bonne idée d’amasser quelques mois de salaire en prévision des jours gris.

Dans mon cas, je ne roulais pas sur l’or dans mes 6 premiers mois d’activité. Je me concentrais à trouver mes premiers clients, développer ma structure et améliorer ma crédibilité.

Une chose qui m’a beaucoup aidé avant de me lancer à temps plein dans le travail autonome a été de me sécuriser un petit contrat avant de quitter mon emploi.

Ainsi, au jour 1, je savais que j’avais au moins un client pour occuper mes premières journées de consultant solo.

Même si ce n’est que quelques heures par semaine, ça peut faire une différence pour tes finances et t’aider à bâtir ton portfolio.

Autre conseil d’ami : N’essaie pas d’être parfait au jour 1

Est-ce que ça vaut la peine d’avoir une structure de base? Oui.

Est-ce que ça vaut la peine d’être parfait? Non, pas du tout.

Je me rappelle dans mes débuts, j’ai passé des heures (même des jours) à mettre sur pied mon offre de service, mon template de facturation, soumission, signature courriel et deck de présentation. Je voulais que tout soit parfait.

J’ai finalement tout changé plusieurs fois depuis et j’ai perdu pas mal de temps.

La réalité c’est que tu vas tester tes compétences, adapter ton offre de service et tu vas probablement rencontrer d’autres spécialistes qui vont t’apporter des idées sur comment améliorer ta marque et tes processus.

Tranche de vie : Je suis un spécialiste en création de site Web… ça m’a pris 1 an et demi avant de créer mon site Web personnel. J’ai attendu que mon offre de service se clarifie et que mes réalisations s’additionnent. Aujourd’hui, je ne le regrette pas.

En gros, si l’expérience est positive avec ton premier mandat et que tu es à l’aise avec tout ce qui est mentionné jusqu’à présent, ça veut dire que tu es prêt à passer à la prochaine étape 😇

Étape 3 - Lâche ta job

Oufff, ça fait peur 👻

Oui, effectivement, mais tu es rendu là. C’est le grand saut.

C’est le bout qui semble le plus difficile, mais pourtant c’est probablement le plus simple.

« Je quitte mes fonctions, je me lance à mon compte et on garde contact »

Ce qui fait peur je crois, c’est l’inconnu de ne pas savoir comment occuper nos prochaines semaines.

La question qui tue : “ Comment je vais trouver mes premiers clients? ”

En annonçant à tes amis et ta famille que tu te lance à ton compte, naturellement ton réseau va t’apporter tes premiers clients. En faisant le grand saut, tu manifestes des nouvelles opportunités que tu n’aurais pas pu avoir avant.

Pourquoi pas l’annoncer officiellement sur ton compte LinkedIn ou Facebook? Dans mon cas, cela a vraiment fait une différence.

Une autre option intéressante pour te sécuriser peut être de conserver ton ancien employeur comme client, c’est quelque chose qui peut très bien se discuter lors de l’annonce de ton départ.

Étape 4 - Gagner sa vie et croissance

Faire du bruit sur les réseaux

Ton futur client ne peut pas faire affaire avec toi s’il ne sait pas que tu existes.

Maintenant que tu es officiellement un travailleur.euse autonome, une des premières choses que je te recommande c’est de faire du bruit.

Que ce soit à un souper avec des amis, à un 5@7, sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook, Instagram), une plateforme de pigiste ou un site Web pour montrer ton portfolio, l’important est que les gens sachent que tu as fait le grand saut.

Malheureusement, le travail ne viendra pas toujours à toi. Tu devras démarcher des nouveaux clients et parler avec des nouvelles personnes pour remplir ton horaire.

Personnellement, j’aime beaucoup utiliser LinkedIn pour rappeler aux gens dans mon réseau que j’existe et pour rappeler l’expertise que j’offre en création Web.

La publication ci-dessous est à ce jour la publication qui m’a généré le plus de bénéfices pour mon entreprise personnelle.

Publication linkedin de Jérôme Lortie

La publication en question a été très populaire sur mon compte Linkedin avec 164 réactions.

Ce qui est marquant c’est aussi de voir 5245 impressions, c’est-à-dire que c’est plus de 5000 personnes qui ont vu ma publication passer, même s’ils n’ont pas laissé une réaction.

Le plus gros bonus de cette publication? 4 appels exploratoires avec des clients potentiels, 2 mandats signés et une collaboration à long terme avec une agence en marketing.

C’est littéralement des milliers de dollars en contrats et en relations qui ont découlé de cette seule publication et qui me permettent de vivre de mon entreprise.

Ça ne veut pas dire que chaque Post sur LinkedIn sera un coup de circuit, mais selon moi ça vaut la peine de se mettre de l’avant.

Avoir une structure et une marque

J’ai dit plus haut que ça ne valait pas la peine d’être parfait au jour #1.

Au départ, c’est faisable de développer son entreprise et de réussir sans nécessairement avoir une structure solide.

Par contre, plus tu avances dans ton chemin de travailleur.euse autonome, il va arriver un moment où tu devras tout de même te positionner avec un nom d’entreprise, une image de marque et une offre de service claire.

Tu veux t’établir comme une référence dans ton domaine et c’est difficile de le faire si les gens ne peuvent t’associer à rien.

C’est aussi important de mettre en place des processus et des documents pour mieux gérer ton entreprise. En faisant affaire affaire avec tes premiers clients, tu n’auras pas le choix de créer une structure de base.

  • Template d’offre de service/soumission
  • Template de facture
  • Deck de présentation ou d’analyse
  • Outil de gestion de projet
  • Outil de suivi du temps

Il y a probablement certains logiciels que tu voudras te procurer pour te faciliter la vie dans ton travail et offrir un service de meilleure qualité.

Un site Web pour montrer tes réalisations et ton expertise peut aussi devenir pertinent. Surtout si tu œuvres dans le domaine du développement Web, de la photographie, de la vidéographie, du design ou des réseaux sociaux.

Le but de mettre tout ça en place est de te faciliter la vie, d’augmenter ta crédibilité et de donner un service efficace à tes clients.

J’ai mentionné plus haut que j’ai attendu plus d’un an avant de créer mon site Web personnel. Une des raisons qui m’a finalement poussé à créer mon site personnel est une question de mes clients potentiels qui revenait souvent :

« Est-ce que je peux consulter ton portfolio quelque part? »

À chaque fois, je rapatriais une liste des sites Web sur lesquels j’avais travaillé que j’envoyais ensuite par courriel. C’était fonctionnel, mais pas l’idéal.

Aujourd’hui, je peux simplement leur envoyer le lien de ma page Réalisations. C’est beaucoup plus graphique et professionnel.

Au travers de tout ça, tu dois aussi te dire qu’il y a probablement des dizaines de personnes qui offrent des services identiques ou connexes aux tiens.

Utilise ton image de marque pour afficher clairement ta proposition de valeur unique et comment tu te démarques de tes collègues/concurrents pigistes.

Enregistrer son entreprise : personnelle vs incorporation

Il y en a long à dire sur cette section et il y a aussi beaucoup de nuances fiscales, mais je m’en tiendrai aux grandes lignes.

Comme mentionné plus haut, tu n’as pas besoin d’enregistrer ton entreprise et de charger des taxes à tes clients si tu factures moins de 30 000$ par année.

Cependant, si tu te lances comme travailleur autonome à temps plein, il y a de bonnes chances que tu réalises plus de 30 000$ dans ton année fiscale et tu devras alors percevoir des taxes sur tes factures.

Cela demande plus de gestion, mais la bonne nouvelle est que tu auras aussi accès à des avantages fiscaux intéressants en enregistrant une entreprise.

Les deux grandes options d’enregistrement d’entreprise sont l’entreprise personnelle ainsi que la société par actions (incorporation).

Entreprise personnelle

L’entreprise personnelle est souvent l’enregistrement privilégié par les travailleurs autonomes parce qu’il est simple à gérer et peu coûteux.

Par exemple, si une personne du nom de “Sophie Tremblay” enregistre une entreprise, le nom de son entreprise personnelle pourrait être tout simplement “Sophie Tremblay Enr.”.

L’enregistrement de l’entreprise personnelle coûte environ 40$ à l’ouverture.

Les revenus de ton entreprise sont traités comme tes revenus personnels, alors la gestion fiscale (ex. lors des impôts) est plus facile à gérer.

Par contre, le point important à considérer est que toi et ton entreprise ne formez qu’une seule entité. Tu es directement responsable des dettes et des obligations de ton entreprise. Cela implique qu’en cas de pépin avec ton entreprise, ton compte chèque personnel n’est pas à l’abri d’une revendication liée à ton entreprise.

Tu ne peux pas simplement “déclarer faillite”.

Société par actions (incorporation)

Incorporer sa compagnie est une autre option qui offre des avantages fiscaux plus intéressants lorsqu’une compagnie effectue un chiffre d’affaires élevé, souvent au-dessus de 100 000$ par année.

Le taux d’imposition est plus avantageux que celui des particuliers et il est possible de reporter l’impôt sur les gains non distribués.

Ce statut te permet aussi de te protéger en cas de dettes ou de poursuite, comme les biens de l’entreprise sont séparés des biens personnels de l’entrepreneur.

Par contre, les frais pour enregistrer l’entreprise sont plus élevés que l’entreprise personnelle. On parle de 400$ plutôt que de 40$.

Cette structure d’entreprise demande aussi certaines obligations comptables qui ne sont pas nécessaires avec l’entreprise personnelle. Il faut souvent faire affaire avec des spécialistes comptables ou des notaires et cela peut engendrer des frais supplémentaires de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de dollars par année.

Donc en résumé, 

  • L’entreprise personnelle est simple à gérer et peu coûteuse, mais protège moins en cas de dettes ou de poursuites.
  • La société par actions est une structure plus coûteuse qui demande plus de gestion, mais elle est mieux adaptée pour la croissance et la protection d’une entreprise.

Étape 5 - Apprécie et raffine

Après tout ça, je crois que le plus dur est fait.

Tu as une structure, des clients plus réguliers et tu deviens habitué à gérer ta routine de travailleur autonome. 

C’est à ce moment-là qu’ il devient plus simple de profiter des avantages du travail autonome : 

  • Horaire flexible
  • Choix de ton endroit de travail
  • Rémunération intéressante
  • Liberté de choisir ses mandats et clients
  • Accomplissement de soi

Il n’y a plus de changement majeur à apporter à ton entreprise et de gros défrichage à faire. 

Par contre, tu ne dois pas t’asseoir et te tourner les pouces non plus. C’est important de rester connecté sur ton champ d’expertise et d’ajuster tes services pour te sentir au bon endroit et que ton client reçoive un service de qualité.

Au final, tu es l’employé et le propre boss de ton entreprise. 

Tu évolues au rythme qui te convient et tu peux faire ce que tu veux avec ça 😇

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